Balade en terres sorcières à Ellezelles

Au cœur du Pays des Collines se trouve un village dont la réputation sorcière a dépassé les frontières. C’est en effet à Ellezelles, en 1972, que l’artiste Jacques Vandewattyne a découvert les traces d’un procès pour sorcellerie qui condamnera 5 femmes au bûcher à la fin du XVIIe siècle.

Partant de ce fait historique, l’homme allait bâtir un folklore dont le point culminant est sans doute le Sentier de l’Étrange que parcourent chaque année des milliers de randonneurs. Sans oublier le fameux Sabbat, grande fête folklorique se tenant chaque dernier samedi de juin.

Mais Ellezelles regorge de sentiers et de parcours paysagers, notre promenade du jour entraîna une quinzaine de courageux sur un chemin magique empruntant un bon kilomètre de ce fabuleux Sentier de l’Étrange avant d’aller se perdre dans les bois, se détourner des balises pour découvrir quelques plantes sorcières dont la réputation n’est plus à faire. Orties, ronces, sureaux, noisetiers… Arbustes et fleurs allaient nous livrer leurs plus terribles secrets !

Il suffira de quelques minutes pour que la magie opère. La beauté des paysages alentours, les rangées de saules-têtards, les premiers papillons, tout participait à un vrai enchantement.

Le long du parcours, nombreuses plantes de ce mois de juin s’attachent aux croyances populaires. Prenez la simple marguerite. Ses couleurs blanche et jaune en font une herbe de la Saint-Jean qu’on aurait presque oublié si la tradition wallonne ne nous le rappelait. Du jaune pour la protection et du blanc pour la pureté. Voilà de quoi ne rien envier aux plus connues sauge, armoise et millepertuis !

Absorbé par la balade, le groupe manquerait presque de s’arrêter pour regarder les détails d’une plante, d’un arbre, en découvrir les histoires secrètes doucement révélées… Mais heureusement le guide ponctue la marche de ses révélations. Ainsi de point en point, les participants commencent à retenir les noms des familles… Astéracées, Lamiacées, Adoxacées…

Et la marche reprend. Au fur et à mesure, on entend parmi les gazouillis des oiseaux, des Ah! et des Oh!. Voilà un sentier, là, juste derrière cette aubépine, qui s’ouvre sur un nouveau paysage. Nous l’empruntons gaiement en saluant au passage un vieux charme certainement habité…

Et que dire de ce saule, creusé comme il le faut, où le garou pourra venir y cacher sa peau. Un arbre taillé en têtard qui nous fait remonter au début de cette pratique. Petite explication : les terres appartenant au seigneur ou à l’abbé, les paysans n’avaient le droit que de prélever ce qui y poussait. Un jour sans doute, l’un d’eux eut la bonne idée de couper les branches du saule pour se chauffer. Et voilà que tous les 5 ans, on procède à un élagage bienvenu de la même façon, depuis des siècles… Et saviez-vous qu’une branche de saule, qu’on appelle plançon, planté dans une terre humide deviendra un beau et grand arbre à son tour ? Eh oui, les saules sont les rois du clonage !

Au bout de deux heures et demie, le groupe aperçoit le clocher du village d’Ellezelles. L’aventure se terminera pour certains par quelques gourmandises à la boulangerie du coin. De la tarte à la crème, au maton et, bien sûr, des langues de… sorcières !

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